Les illustrations d’Exo sont le fruit d’une collaboration avec l’Auteure Véronique Bourguinet , elles représentent le monde onirique de la science-fiction et les cinq Nouvelles de l’auteure , les techniques utilisées sont mixtes , encre de chine, mine de plomb , aquarelle, bulle de savon, sable,… Les formats des images :70cm sur 50cm
Dans le miroir du lac, un rêveur se regardait rire avec eux devant la pluie rose, qui rebondissait sur le fil de l’eau. Il vit les conquérants de sa race brutaliser les petits. Il vit les larmes couler sur les petites joues de pêche, mais aussi sur sa propre peau, avant de tomber lourdement dans l’eau cristalline.
Le terrain devient apparent seulement quand l’engin au bruit infernal pique vers le bas et pénètre la surface pierreuse et humide. Il resurgit dans un immense abri souterrain formé de grandes pierres alignées en quinconce.
Le câble tiré par un rail roule à l’intérieur d’une autre salle, où l’étrange personnage suspendu avec son corps mou et sa tête pendante est trempé dans différentes cuves, comme un vulgaire morceau de viande.
À l’horizon d’un firmament dense, des créatures volantes parées de couleurs vives, aux longues queues frangées et pailletées, découpent des nuées mauves. D’autres animaux, à la parure splendide, d’un bleu chatoyant, se prélassent à l’ombre de longues pousses ondulées et fluorescentes.
Chaque fois, ces bulles iridescentes extraites du cerveau des petits êtres atterrisent dans un grillage et glissent dans des canaux. Là, elles finissent mélangées dans une cuve carrée et transparente.
De l’autre côté s’étend un gigantesque loft souterrain, surmonté d’étages communiquant par des ascenseurs en forme de filets de pêche. Cette ville semble s’étendre à perte de vue. Dans ce complexe improbable, des personnages à l’aspect identique à celui du pilote se vautrent sur des sofas.
Puis la magie des illustrations devient tragique. On peut voir des êtres métalliques et implacables, affublés de tuyaux qui sortent de leurs scaphandres ovoïdes, à l’instar des tentacules d’une pieuvre, forcer les petits à monter dans un immense vaisseau.
Une représentation de l’équipage se trouve à côté, et retrace son retour triomphal. Les exécutants de cette terrible capture descendent du vaisseau tels des héros et manifestent leur satisfaction en agitant les bras. On devine à peine à l’arrière-plan les petits ligotés à l’intérieur d’un cylindre transparent.
En scannant le cerveau de leurs sujets, les laborantins furent complètement submergés par ce qu’ils observaient. Malgré leur sommeil comateux, des extravagances électriques jaillissaient et se multipliaient de façon folle. Toutes les parties se connectaient et vibraient entre elles dans une vision quantique !
L’étrange personnage se glisse à l’extérieur tel un ver. Son corps très mou rampe vers une combinaison rigide posée à son intention. Il s’y faufile avec peine, puis un de ses doigts sort d’une des manches métallisées, s’allonge et appuie sur un écran codé posé sur l’autre manche.
Les grandes écuelles de ravitaillement étaient délaissées, on ne communiquait plus, on ne fonctionnait plus, on regardait l’autre s’étioler, comme on se regarderait dans un miroir. Certains finirent par mourir de faim, ou plutôt de manque d’appétence pour la vie, comme pour la nourriture.
Sur un piédestal situé au centre, l’atmosphère est plus cossue. Une lumière tamisée déverse un peu de chaleur. Les individus qui y siègent semblent être d’un rang plus important. Ils s’étalent, ici et là, dans un luxe discutable.
Tous ses orifices s’ouvrirent et tremblèrent. En face de lui, un miroir reflétait sa personne. Il enclencha son attirail de maintien, et de toutes ses forces, il se jeta contre la vitre, qui en crépitant bruyamment, se brisa en milliers de fragments.
Au fil du temps, la situation s’aggrava considérablement. Les cerveaux des petits cobayes perdus dans leur monde comateux se détérioraient. Dans leurs rêves, les souvenirs enchanteurs et puissants de leur ancienne vie se fanaient.
Il est une planète lisse, arrosée de pluies perpétuelles qui nivellent sa surface. L’eau tiède stagne et s’évapore pour former une couche brumeuse sans nuances, sans mouvement.
Des personnages futuristes de race inconnue, affublés de matières spéciales, parlaient un langage hétéroclite. Leur gestuelle ambiguë, souvent lente, masquait leurs intentions.
Les rêveurs se retournèrent et virent dans une colonne sans fin, défiler les indigènes. Tous furent invités dans une danse guerrière.
Afin de recharger leurs batteries, ils exécutaient des aller-retours au moyen d’un ascenseur spatial qui les élevait en douceur au travers d’une spirale irisée et harmonieuse, puis accélérait progressivement et, finalement, les expédiait à des allures magistrales dans l’espace.
La verticalité s’amplifia, s’arrondit, la forme se rétracta et les humanoïdes qui la traversaient furent éjectés un court instant dans leur ascension !
La verticalité s’amplifia, s’arrondit, la forme se rétracta et les humanoïdes qui la traversaient furent éjectés un court instant dans leur ascension !
Des petits êtres pâles aux cheveux d’argent ne courent pas, ne jouent pas. Couchés, immobiles, les yeux grands ouverts, ils interagissent entre eux par des rayons souples et lumineux. Tels des milliers d’automates, ils sont là, à perte de vue, suggérant des miroirs reflétant une image à l’infini.
Face à ce dilemme, ils décidèrent de se mélanger à d’autres races intergalactiques. Ils rencontrèrent des espèces différentes, mais sans utilité pour perpétuer leur race et garantir la pérennité de leur civilisation Ces espèces étrangères finissaient lyophilisées dans une boîte, un code avec leur ADN gravé dessus, entassées et congelées dans des gaz en prévision d’éventuels futurs besoins.
Les premiers signes révélateurs de ce revirement se remarquèrent dans la faune. On distinguait chez les animaux des comportements inexplicables. Dès le crépuscule, une fébrilité se ressentait et la hiérarchie entre proies et prédateurs perdait son sens. Des souris couraient après des chats terrorisés, des loups pouvaient avoir un comportement de soumission devant une biche et la protéger des chauves-souris qui l’attaquaient.